Bapaume.
Depuis le 14 mars, le jardin de cocagne est lancé.
LA RÉINSERTION PAR LA VOIE VERTE.
Le concept des jardins de Cocagne a déjà fait ses preuves dans différentes régions de France : redonner un travail à un public qui s'en est éloigné, en créant un maraîchage biologique, et vendant la production directement.
Il y a encore quelques mois, le jardin était un champ recouvert de chiendent. Aujourd'hui, les salariés de l'association les Paniers de la Vallée du Bois à Bapaume sont huit à travailler, entourés de deux jardiniers. D'ici septembre, ils doivent faire en sorte de produire suffisamment pour commencer la vente directe de légumes issus de l'agriculture biologique.
Pour le moment, à l'entrée du champ, ce que l'on voit le mieux, ce sont les pommes de terre sur 40 ares qui ont déjà bien poussé. Les échalottes aussi, et dans un tunnel, quelques pieds de tomates. Les fraises, aussi, sont bien parties. Après une préparation des sols longue et assez difficile, heureusement aidée par un agriculteur voisin, bien équipé en matériel, les salariés qui étaient dix au départ, ont commencé le travail le 14 mars.
Ils sont issus des deux communautés de communes qui aident le projet, la région de Bapaume et le canton de Bertincourt. Ils ont été choisis en fonction de différents critères, comme celui d'être des bénéficiaires du RSA, revenu de solidarité active, ou encore avoir un projet professionnel.
Un peu plus d'un hectare cultivé.
Aucun d'eux n'a de formation de jardinier, mais tous sont volontaires, dynamiques et motivés. Valèrie, Sandra, Amandine et leurs camarades sont tous ravis de ce retour à l'emploi et l'accompagnement dont ils bénéficient pour affiner leur projet professionnel. Sous contrat aidé de 24 heures par semaine, certains d'entre eux sont en stage le reste du temps, ou préparent un concours avec l'aide des partenaires.
Les cinq hectares du jardin sont aujourd'hui entre de bonnes mains. Pour le moment, seule une parcelle d'un hectare et demi est cultivée. "Nous augmenterons la surface quand nous aurons du matériel adéquat et quand le nombre de salariés sera au complet", note l'un des jardiniers, Jean Hazebroucq.
Avec Claude Anselin, ils guident, conseillent et accompagnent le travail des nouveaux salariés de l'association. "Ils ont mis plusieurs variétés de pommes de terre bio : la bleue d'Arras, la Bernadette, la Nicolas et Rose de France. Ils ont aussi grillagé toute la parcelle, pour ne pas laisser les lapins entrer", souligne Claude Anselin, en faisant visiter le jardin aux membres du comité de pilotage. Ils représentent les différents partenaires du projet, Arras emploi, Mission locale, le conseil général, Pôle emploi ou encore le Coin familial d'Arras.
Une serre à la rentrée.
Carottes, betteraves rouges, concombres, artichauts, salades, complètent les cultures. Mais les jardiniers doivent ralentir la cadence car le sol manque d'eau et l'absence de serre commence à poser problème.
"La difficulté aujourd'hui, c'est de travailler en plein champ, rien n'est couvert. Nous avons fait l'acquisition d'un tunnel de 70 m2, notamment pour les tomates. Mais nous devons assurer les productions de fin d'année. Nous avons fait faire des devis pour avoir la serre. Il y a un autre problème : la nécessité de faire modifier le PLU de Bapaume, il faut encore attendre 5 à 6 mois", détaille Denis Dembski, responsable du jardin pour le Coin Familial.
Un autre problème est apparu avec la météo des dernières semaines : l'eau. Les jardiniers pourraient utiliser la station de pompage de l'agriculteur voisin, mais celle-ci est surdimensionnée par rapport à leur besoin.
Une forage qui existe depuis une vingtaine d'années a été découvert, dans le terrain juste à côté. Reste maintenant à obtenir une autorisation de la ville de Bapaume pour y faire passer les tuyaux. Une formalité d'après Lucien Guise, conseiller communautaire et membre du comité de pilotage.
140 000 euros doivent être investis, dont 80 000 euros , sur trois ans, de la part du conseil général.
Les premières années, le déficit prévu sera couvert par l'intervention des communautés de communes, à hauteur de 40 000 euros pour Bapaume et 20 000 euros pour Bertincourt. L'équilibre budgétaire est attendu pour 2014.
Aurélie DELFORGE. L'Avenir de l'Artois. Mer-1er-6-2011.
Observatoire des
comportements éco-responsables en Pays d'Artois.
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