Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Archives

15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 17:29

Arras.

Initiative.

LE MIEL DE VILLE, VITAL POUR LES ABEILLES.

On savait déjà que des ruches avaient été installées sur le toit du conseil général. On peut désormais en compter deux de plus sur le toit de l'hôtel de ville.

 

Aller voir les abeilles qui rentrent et sortent de leur ruche sur le toit du centre administratif, place Guy Mollet, cela se mérite. On peut emprunter l'ascenseur mais il ne va pas jusque sur le toit. Alors, on monte une à une les marches d'escalier et on attend que l'on ouvre la porte. On passe le pied dehors et on est d'abord ravi de la vue qui s'offre à nous. Le beffroi, la cathédrale et du vert un peu partout. Les abeilles ont trouvé une place de choix, se dit-on alors.

Depuis le mois d'août, Pascal Denis, apiculteur à Barly, près d'Avesnes-le-Comte, a installé deux ruches. "J'en ai mis huit autres non loin de la citadelle, avenue du mémorial des Fusillés." Pascal Denis est un amoureux fou des abeilles. Depuis qu'il a neuf ans, il s'intéresse à leur vie et possède des ruches. Aujourd'hui, il possède 68 ruches disséminées un peu partout dans l'Arrageois. Cette expérience à Arras même, c'est une première pour lui. "Le projet date de plusieurs années, il a fallu régler quelques problèmes administratifs avant de pouvoir installer ces ruches", note Thérèse Willot, adjointe au cadre de vie.

 

Une mortalité normale.

 

Cette implantation, en tout cas, ravit l'apiculteur. Parce qu'aussi étonnant soit-il, les abeilles se sentiraient mieux en ville qu'à la campagne. "Depuis que j'ai installé ces ruches, j'ai un taux de mortalité normal. Ce qui n'est pas toujours le cas à la campagne", regrette Pascal Denis.

Les pesticides dans les champs et autres traitements n'ont pas fait du bien à ces insectes qui ont du mal à lutter aujourd'hui. "Et pourtant, cela fait 45 millions d'années qu'elles sont présentes sur la terre", ajoute Pascal Denis. Les chiffres sont alarmants. D'après France Denis, son épouse, depuis 1995, 15 000 apiculteurs auraient disparu en France, et chaque année, on compterait entre 300 000 et 400 000 ruches en moins sur le sol français.

D'abord parce que des apiculteurs arrêtent de travailler, d'autre part parce que les abeilles ne résistent pas.

"Au final, l'air est plus sain en ville. Avant, on allait à la campagne parce que c'était moins pollué et que l'on respirait mieux. Ce n'est plus vrai", poursuit Pascal Denis.

"Ici, à Arras, elles ont ce qu'il faut pour se nourrir dans les différentes plantations de la ville. Mais aussi dans les différents espaces verts qui parsèment la cité atrébate. "Nous sommes une ville verte, assure Dominique Thelliez, directeur du service cadre de vie. En plus, nous faisons de nombreux efforts pour favoriser la biodiversité".

 

Première récolte en 2011.

 

Dans la ville, les abeilles peuvent trouver des tilleuls, des acacias, des fleurs aussi en quantité. En mairie, on réfléchit aussi à ne plus utiliser systématiquement des produits chimiques pour traiter. Des efforts ont déjà été faits, mais pas facile de concilier une ville propre et des traitements moins réguliers.

La première récolte de ce nectar de ville devrait avoir lieu dans le courant de l'année 2011. "Je pense que nous distribuerons ce premier miel, que les Arrageois puissent le goûter. Et puis, sur le pot, ce sera sympa de mettre le Lion, c'est un miel de la ville d'Arras. Il faut le mettre en valeur", avance Pascal Denis.

En attendant, les enfants des écoles, dans le cadre d'un atelier sur le jardinage biologique et les écosystèmes devraient venir voir les fameuses abeilles de la ville d'Arras et ainsi mieux comprendre comment le miel est fabriqué.

 

Cécile Stoquert. L'Avenir de l'Artois. Mer-20-10-10.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires